Transformation digitale interne des entreprises

C’est en 2015 que j’opère à un tournant dans ma carrière professionnelle pour faire du conseil dans le domaine des transformations digitales. Depuis cette date, je rencontre régulièrement des entreprises possédant des niveaux de maturité digitale très disparates.

Ces disparités sont inhérentes à la vie de chaque organisation : son histoire, son secteur d’activité, ses métiers, son positionnement, sa taille… Mais aussi ses méthodes de management des hommes et des femmes, ses technologies ou sa capacité à être innovante.

Depuis 10 ans, j’observe une accélération de la digitalisation des entreprises : l’amélioration de l’expérience collaborateur (ex : l’arrivée des réseaux sociaux d’entreprise, l’évolution des intranets vers les digital workplaces…) et de l’expérience client (ex : optimisation du parcours client, digitalisation des processus métiers, refonte de sites internet…) ont fait émerger de nouvelles méthodes de travail et de nouveaux outils.

Progression du travail collaboratif et agile, émergence du management visuel, mise à disposition de nouveaux outils (ex : Suite Office 365, G-Suite, Zoho) ou appareils de productivité (ex : Surface Hub, Google Jamboard, Systèmes Webex…) font partie intégrante des dispositifs de l’environnement de travail moderne.

Pour autant, cette digitalisation concerne-t-elle toutes les entreprises ? Non !

A l’aube de 2020 et dans la plupart des entreprises que je rencontre, les collaborateurs travaillent comme lorsque j’ai débuté ma carrière : un bureau, une place assise, une suite de logiciels bureautique (pas toujours récente), des courriels (nombreux) et un serveur de stockage commun (à l’organisation souvent chaotique) pour les fichiers.

Nous avons tendance à l’oublier : la vraie France, c’est un tissu économique composé de 99% de TPE et de PME (chiffres INSEE 2017). Des entreprises qui n’ont pas les mêmes problématiques business, pas la même vision de leurs activités et de leur marché, pas les mêmes organisations, pas mêmes moyens que les grands groupes… Enfin, pas du tout le même rapport au digital dans le temps et dans l’espace.

Lorsqu’elles décident de se transformer, c’est souvent parce que le marché ne leur laisse plus le choix. Elles changent à marche forcée, d’abord pour répondre à des enjeux client : modernisation de leurs métiers ou des appareils de production. Les transformations ainsi opérées –et qui représentent souvent un fort investissement pour elles– doivent produire des effets rapidement pour créer ou capter plus de valeur.

Dans ce contexte, tout ce qui n’est pas visible du client final n’aura pas (ou très peu) de valeur. Ce qui signifie que l’amélioration des processus internes, la capitalisation régulière des connaissances, l’efficacité dans l’usage des outils digitaux sont laissées aux bonnes volontés dans l’entreprise et au « advienne que pourra ». Car ce n’est pas une priorité pour elles.

Revers de la médaille : les collaborateurs sont plus avertis et critiques sur les méthodes de gestion et les outils que propose leur entreprise

En effet, le collaborateur de 2019 n’est plus celui de 2009. L’arrivée des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), des NATU (Netflix, Airbnb, Tesla et Uber) et même des BATX en Asie (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi) dans nos sphères privées sont autant d’influences que d’usages communs qui nous ont fait prendre conscience des avancées technologiques.

Alors que les entreprises devraient profiter de ces opportunités de transformation pour fidéliser leurs collaborateurs, on retrouve fréquemment les mêmes griefs du quotidien chez un grand nombre de collaborateurs :

  • Une gestion et un traitement des courriels trop long (avec le risque de passer à côté de certaines informations importantes)
  • Des problèmes de communication en série (qui peuvent avoir de forts impacts organisationnels)
  • Des problèmes de partage de l’information (qui peuvent avoir des impacts sur la conduite des projets)
  • Des recherches infructueuses de documentation et de gestion de la connaissance défaillante (qui entraînent perte de temps, d’énergie et de motivation)
  • Des réunions mal préparées, mal animées et/ou inefficaces (sans objectifs définis, sans plan d’action, sans fil rouge)…

Transformations digitales internes et externes sont intimement liées

Si ces problèmes sont rencontrés à différents niveaux de l’organisation, c’est toute la qualité de collaboration qui est remise en cause. Ce manque d’efficacité global va desservir toutes les initiatives de transformation destinées à la satisfaction des clients.

C’est la raison pour laquelle les entreprises (et en particulier les TPE ou PME) doivent prendre conscience qu’avant d’être stratégiques ou technologiques, les transformations digitales sont des démarches humaines qui nécessitent d’être accompagnées.

Elles peuvent avoir des conséquences culturelles fortes et aller jusqu’à la reconsidération du modèle managérial. Ainsi pour réussir à l’externe, l’entreprise doit créer les conditions d’adhésion à ces mêmes transformations… En interne.

Rechercher l’équilibre entre besoins stratégiques externes, dimensions technologiques et prise en compte de l’humain sont des facteurs clés de succès de la transformation digitale de l’entreprise.

Si cette stratégie impacte directement vos collaborateurs, l’écoute, la prise en compte de leurs attentes et besoins, la mise en place de formations et d’accompagnements spécifiques, faciliteront son accueil et un alignement rapide des collaborateurs.

Des dispositifs pour accompagner le changement que nous avons l’habitude de mettre en œuvre chez SIDE CONSULTING.

La transformation digitale en entreprise est l’affaire de toutes et tous

Conduire une stratégie de transformation digitale exclusivement à destination de clients finaux est une erreur : son périmètre étant autant interne qu’externe. Chaque population vivra sa propre transformation : les clients, les dirigeants, les managers, les collaborateurs mais aussi les partenaires dans l’écosystème de l’entreprise.

Enfin, rappelez-vous que les directions des systèmes d’information (aussi compétentes soient-elles), ne peuvent orchestrer seules la transformation totale d’une organisation… Sauf à vouloir parvenir à une transformation uniquement technologique, qui serait dépourvue de sens, d’adhésion et de cohérence avec les attentes des collaborateurs.

0 réponses

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *